[One Shot] Dear Santa (Noël 2015)

« Bonjour mon enfant.
— Bonjour Père Noël.
— As-tu trouvé ce que tu veux à Noël ?
— Oui ! Je voudrais un chat sans poil !
— Vraiment ? Et pour quelle raison ?
— Ma maman, elle dit qu’on peut pas avoir d’animaux parce que les poils risquent de me faire mal aux poumons ! Alors je veux un chat sans poil pour pouvoir rester toujours avec lui !
— Je pense que c’est une bonne raison d’avoir un chat sans poil ! Reste sage jusqu’à Noël et peut-être pourras-tu l’avoir !
— Merci Père Noël ! »

Le petit garçon se leva des genoux du Père Noël, heureux, avant de courir jusque dans les bras de sa mère qui l’attendait un peu plus loin. Ils s’éloignèrent, le garçon racontant avec excitation que le Père Noël allait lui ramener un chat pour Noël s’il était gentil, et laissant le « Père Noël » à présent seul. Il se leva et entra dans une petite pièce derrière lui. Il enleva le bonnet ainsi que la perruque avant de s’étaler sur une chaise. Ce job de Père Noël était totalement épuisant. Cela faisait maintenant deux semaines qu’il avait commencé ce travail et il n’en pouvait plus. Sa tenue lui donnait trop chaud et il ne parlait même pas de la perruque et de la barbe qu’il se devait de porter. S’il avait pu, il aurait plutôt choisi un travail moins encombrant. Mieux encore, il n’aurait pas travaillé du tout. Car voyez-vous, s’il travaillait, ce n’était en aucun cas de son propre chef, mais plutôt à cause de sa mère. Pas qu’elle souhaitait qu’il gagne son propre argent et qu’il grandisse. Elle avait en tête … quelque chose de bien plus singulier.

« Ah bah tient … il suffit que je pense à elle pour qu’elle appelle, marmonna-t-il. Allô maman ? décrocha-t-il d’une voix toute mielleuse.
— Nick ? Comment se passe ton travail ?
— Eh bien … c’est fatiguant ! Vraiment. Je suis obligé de continuer à travailler ?
— Bien sûr ! Tu sais bien que si tu travailles ici c’est pour une bonne raison ! C’est pour …
— Pour pouvoir prendre la relève de grand père en tant que Père Noël mais qu’avant ça il faut que je découvre la véritable magie de Noël, la coupa Nick.
— Exactement ! Et c’est en ces vœux de Noël, ces choses que les gens veulent tant, que se cache la véritable magie de Noël. Tu dois la découvrir sinon tu ne seras jamais capable d’être le Père Noël.
— Mais le Père Noël ne fait que distribuer les cadeaux dans le monde ! Avec le traîneau de grand-père ça sera simple !
— Et comment sauras-tu ce que veut chaque enfant ?
— Bah il envoie une lettre ! Les lutins la liront et feront les cadeaux ! C’est tout nan ?
— Nicolas Claus Snow Santy ! Comment oses-tu penser que le rôle de Père Noël ne se résume qu’à faire un tour en traîneau pour distribuer des cadeaux ? Crois-tu vraiment que ce soit tout ce que fait ton grand-père ? Tu le vois travailler toute l’année et toi tu penses qu’il ne se prépare qu’à faire un vulgaire tour du monde pour distribuer des paquets ? Tu fais honte à la famille ! Si ton père était encore avec nous, il aurait pris le flambeau à ta place.
— Mais il n’est plus là ! Cria Nick. … Désolé maman … je … je te laisse. D’accord ? Je t’aime ! A plus tard ! »

Il raccrocha et se laissa glisser sur la chaise. Il savait que sa mère comptait sur lui pour succéder à son grand-père, mais il n’avait jamais réussir à comprendre ce que les personnes trouvaient à Noël. C’était une fête comme il y en avait beaucoup à la seule différence que les gens s’offraient des cadeaux. C’était comme un anniversaire commun à tous n’est-ce pas ? C’était un moyen pour tous de se faire offrir ce qu’ils voulaient, simplement.

Il rangea son téléphone avant de remettre ses accessoires de Père Noël et de retourner travailler. En se réinstallant dans son fauteuil, il ne vit que deux personnes attendant près de lui et ses yeux s’écarquillèrent en reconnaissant l’une d’entre elle. Iris White. Une jeune femme étudiant dans le même lycée que Nick et étant adulée par pratiquement tout l’établissement, professeurs compris. Une beauté à couper le souffle, des cheveux roux, presque rouge, encadrant délicatement, en boucles légères, de grands yeux bleuet et des lèvres magnifiquement ourlées. Elle était comme un feu ardent dans une école de glace, réchauffant le cœur des personnes autour d’elle par un simple sourire. Bien sûr, elle était totalement envoûtante pour Nick mais aussi, et malheureusement, totalement inaccessible. Il n’était pas grand monde dans cet établissement, un petit sous-fifre du président du lycée, travaillant comme un fantôme pour le confort de tous, sans un seul remerciement de l’un d’entre eux … sans un seul remerciement de sa part.

Elle était accompagnée d’une petite fille. Elle devait avoir entre 5 et 7 ans et était le portrait craché d’Iris. L’enfant s’approcha alors de lui, sautillant gaiement et parlant toute seule, comme si elle se répétait en boucle ce qu’elle voulait lui dire. Elle arriva devant lui, le regarda avec des yeux si innocents et si identiques à ceux d’Iris, qu’il se sentit fondre, avant de s’installer sur ses genoux.

« Bonjour jolie demoiselle, la salua Nick en admirant les mignons rosissements sur les joues de la jeune fille.
— Bonjour Père Noël. Je m’appelle Rose White et j’ai 6 ans et demie. C’est vrai que j’ai le droit de te demander ce que je veux pour Noël ?
— Eh bien, Rose, si tu as été sage cette année, tu peux demander ce que tu veux le plus au monde.
— Je sais pas si j’ai été tout le temps sage. Il faudra demander à Iris. Tu sais Père Noël, Iris c’est ma grande sœur, elle est venue avec moi aujourd’hui. Je l’aime très très très fort ! Alors, le cadeau que je veux, enchaîna-t-elle à nouveau, provoquant un léger rire chez Nick. Alors, ce que je voudrais le plus c’est un gros gros livre avec pleins d’histoires de princesses dedans.
— C’est un très jolie cadeau que tu veux. Tu voudrais autre chose ?
— Non. Je veux juste ce livre. Comme ça grande sœur pourra continuer à m’en livre tout plein avant d’aller dormir.
— Je suis sûr que tu auras ton livre à Noël.
— C’est vrai ? Tu es le meilleur Père Noël. Dis ? Tout le monde peut venir te dire ce qu’il veut ?
— Mais bien sur que oui.
— Cool ! Cria-t-elle en descendant des genoux de Nick. Je vais aller chercher Iris pour qu’elle vienne te voir ! »

La jeune Rose courut jusqu’à sa grande sœur et la tira par la main jusqu’au Père Noël, malgré les protestation de celle-ci. Avant qu’elle ne puisse dire un mot de plus, elle se trouva assise sur les genoux de l’homme et vit sa petite sœur partir jouer plus loin, comme pour laisser à sa sœur l’intimité qu’il lui faudrait pour parler.

« Je … commença Iris. Je suis désolée. Ma sœur est … enfin, voilà, quand elle a une idée dans la tête … elle est coriace. Je, merci d’avoir écouté ma sœur, je vais vous laisser maintenant.
— Oh mais … vous pouvez faire votre demande au Père Noël vous savez ? Comme je l’ai confirmé à votre petite sœur, tout le monde peut venir me dire ce qu’il veut. Je suis le Père Noël après tout, non ? »

Iris lâcha un léger rire cristallin avant de braquer son regard dans celui de Nick.

« Je n’ai pas le droit de le faire.
— Et pourquoi pas ? Tu as le droit, toi aussi, de demander quelque chose pour Noël. C’est une journée où tout le monde peut le faire.
— Je n’ai pas le droit d’être égoïste, murmura-t-elle.
— En quoi serais-tu égoïste ?
— Parce que ce que je souhaite le plus au monde, c’est le bonheur ! Et que je sais que le monde entier ne peut pas être heureux. Alors ce que je souhaiterais le plus, c’est le bonheur, pour moi et ma sœur. Au moins pour elle et moi. Je veux que mon père arrête de croire qu’il pourra compenser le départ de notre mère en travaillant plus pour que l’on ait ce que l’on veut, alors que nous, tout ce que l’on souhaite, c’est qu’il rentre à la maison pour être avec nous. J’aimerais accepter le fait que ma mère soit partie de son propre chef, loin de nous, pour la simple raison qu’elle préférait partir avec son bel explorateur, les laissant derrière elle pour une durée indéterminée et se prolongeant année après année. J’aimerais que le garçon dont je suis amoureuse me voit, moi, pas la fille populaire, je veux qu’il me voit moi, que je sois capable d’aller lui parler sans avoir peur d’être méprise, d’être rejeté, d’être regardé bizarrement. Je veux pouvoir aller le voir, lui dire les raisons de mes sentiments et pouvoir être heureuse après cela. Je veux juste être heureuse. »

Les larmes coulaient abondamment sur ses joues. La jeune femme hoquetait, n’arrivant pas à s’arrêter de pleurer, et finit par se recroqueviller sur le jeune homme qui la serra dans ses bras. Ses yeux le brûlaient, il avait envie de laisser libre court à ses larmes. Les mots d’Iris l’avaient bouleversé et la tristesse qui empreignait chaque mot l’avait frappé au cœur. La magnifique et pétillante fille populaire du lycée avait désormais laissé place à une simple jeune fille qui ne rêvait qu’à un peu de bonheur et d’amour. Il éloigna ensuite le visage d’Iris pour essuyer ses larmes et lui parler en face à face.

« Tu auras ton Noël rêvé. Je ferai en sorte que tu sois heureuse en exauçant comme je le pourrai tes vœux.
— C’est impossible … mais … merci, lui répondit-elle avec un petit sourire.
— Il n’y a pas de quoi. Mais je te promets que je ferai de mon mieux pour réaliser tes souhaits. Ne suis-je pas le Père Noël après tout ? »

Iris lui adressa un immense sourire avant de l’embrasser sur la joue. Elle le remercia à nouveau avant de se lever et d’aller rejoindre Rose qui l’attendait impatiemment. Nick se sentit rougir sous son costume. C’était la première conversation qu’il avait réussir à avoir avec la fille de ses rêves et en plus de cela, il avait eu le droit à un baiser. Certes sur la joue, mais il était aux anges à présent.

Il regarda les deux jeunes filles s’éloigner, main dans la main, avant de courir jusqu’au vestiaire pour se changer. Il attrapa ensuite ses affaires et courut rentrer chez lui. Il balança ses affaires dans sa chambre, et en lançant un rapide bonjour à sa mère avant de foncer vers l’atelier de son grand père.

« Grand Père ! Cria-t-il en entrant dans la pièce.
— Ah, Nick ! Comment s’est passée ta journée mon enfant ?
— J’ai besoin de ton aide ! Il, il y a cette fille de mon lycée ! Elle est toujours joyeuse, sourit à tout le monde, elle est adorée par tous les élèves et les enseignants mais en fait c’est qu’une façade ! Elle désire être heureuse pour Noël ! Mais Noël c’est dans trois jours ! Alors comment c’est possible de réaliser vœux en aussi peu de temps ? J’ai vraiment envie de l’aider ! Mais ses vœux sont que son père revienne, qu’elle arrive à pardonner à sa mère d’être parti et de pouvoir enfin dire ses sentiments au garçon qu’elle aime … bon, le dernier, c’est facultatif … enfin, non, mais ouais, on verra ça plus tard ! Du coup, est-ce que tu peux réaliser ses vœux ? Je …
— Nick ! Le coupa son grand père en riant. Calme toi fiston. Je comprends ton engouement à aider la fille que tu aimes …
— Mais … j’ai jamais dit que …, bafouilla Nick en virant carmin.
— Ça se voit. Et puis, je suis le Père Noël ! Rien ne peut m’échapper.
— Alors tu vas m’aider ?
— Non.
— Quoi ? Mais je croyais que c’était ton rôle de réaliser les souhaits de Noël des gens !
— Oui, mais je ne le ferai quand même pas.
— Mais …
— C’est toi qui va tout faire pour l’aider.
— Qu- mais comment je pourrai ? Je ne suis rien du tout !
— Tu es le petit fils du Père Noël et tu es destiné à me succéder. Tes capacités sont au delà de ce que tu penses et il est temps pour toi que tu t’en rendes compte.
— Mais, je n’ai pas les pouvoirs que tu as ! Je ne pourrai pas agir comme tu le fais !
— Il n’y a pas forcément besoin de magie pour le faire. Pour t’aider, je vais te laisser accéder à la salle des vies. Maintenant, va ! J’ai du travail à terminer. »

Nick s’en alla de l’atelier, le cerveau tournant et retournant à vive allure dans l’espoir de trouver en quoi la salle des vies pourrait l’aider. Il n’y était jamais allé et ne savait absolument pas à quoi elle pouvait bien servir. Il alla dans la cuisine et s’installa sur une chaise haute jusqu’à voir sa mère entrer dans la même pièce. Se sentant mal pour leur conversation téléphonique de tout à l’heure, il se leva et vint la prendre dans ses bras.

« Je suis désolé maman. Je ne voulais pas te parler comme ça.
— Je sais. Il nous manque à tous les deux. Je suis désolée moi aussi. Je n’aurais pas du te dire ça. Des fois les paroles vont plus vite que la pensée, mais au moins, la parole peut réussir à régler tout cela, comme nous le faisons à présent. N’est-ce pas ? Lui sourit-elle avant de l’embrasser sur le front. »

Les paroles de sa mère provoquèrent quelque chose en lui, comme un déclic qui l’aiderait à exaucer les vœux d’Iris. La parole. Peut-être que le père d’Iris et de Rose pensait bien faire parce que ses filles ne lui avaient jamais dit à quel point elles avaient mal de son absence. Peut-être qu’Iris n’avait encore jamais parlé de ce qu’elle ressentait depuis le départ de sa mère. Comment faire pour régler tout cela ? Il lui fallait établir une communication dans cette famille où trop de non-dits brisaient leur bonheur.

Il courut jusqu’à la salle des vies et écarquilla les yeux en découvrant une pièce immense semblable à une énorme bibliothèque. Il attrapa un livre au hasard et fut émerveillé en découvrant que le livre renfermait toute la vie d’un humain sur Terre, de sa naissance à aujourd’hui. Il alla jusqu’à la dernière page et ses yeux s’écarquillèrent en voyant des phrases apparaître, indiquant ce que faisait la personne à la seconde près.

Une lumière s’alluma dans son cerveau. Il devait chercher la livre parlant de la vie du père d’Iris afin de découvrir où il travaillait et peut-être une raison à son acharnement au travail. Mais comment trouver un livre précis dans une salle contenant plusieurs milliards de livres ? Y avait-il un ordre ? Un ordre alphabétique par exemple. Et d’ailleurs … quel était le prénom du père ?

Nick se laissa choir au sol et se prit la tête entre les mains, se maudissant de ne pas réfléchir à tout avant d’exécuter une idée. Bon, il devait désormais se reprendre. S’il n’avait pas son prénom, il avait quand même son nom de famille. Il lui faudrait donc commencer par cela et essayer de trouver parmi les White le livre correspondant au père de la famille. Il ne devait pas y avoir autant de personnes s’appelant White non ?

Le lendemain, Nick était au bout de sa vie. Il venait d’éplucher plusieurs centaine de livres de vie de personnes s’appelant White. Il n’aurait jamais cru qu’autant de personnes pouvaient porter ce nom de famille. Il attrapa un nouveau livre qu’il ferma le plus vite possible en découvrant qu’il retraçait la vie d’Iris. Il le rangea précipitamment, luttant contre le désir de l’ouvrir à nouveau pour satisfaire sa curiosité. Mais il ne devait pas. Même s’il mourrait d’envie de découvrir pour qui le cœur de la jeune femme battait, il fallait qu’il résiste. Pour éviter toute tentation, il attrapa rapidement le livre suivant et sauta de joie en découvrant qu’il avait enfin touché au but. Daniel White, divorcé, père de deux filles, Iris et Rose White.

Courant comme si sa vie en dépendait, il se dirigea vers sa chambre par soucis de confort afin d’en savoir un maximum sur cet homme. Le livre était énorme. Il allait en avoir pour plusieurs heures de lectures afin de pouvoir cerner le père des deux jeunes filles. Il fallait donc qu’il s’y mette dès à présent s’il voulait être dans les temps.

Daniel White était donc employé dans une entreprise d’import export. Il collectionnait les heures supplémentaires dans l’espoir de faire grossir sa fiche de paie. L’homme avait longtemps vécu dans la précarité, vivant uniquement avec un père devenu alcoolique à son divorce et qui avait fini par se faire virer de son travail à cause de son addiction. Nick comprenait donc le comportement du père. Il avait peur d’imiter le comportement de son père. Pour éviter cela, il avait donc fait en sorte d’avoir un meilleur métier pour gâter ses filles comme il aurait voulu que son père le fasse malgré le départ de sa mère. Cependant, à trop vouloir gagner d’argent pour ses filles, il avait oublié que ce qu’il leur fallait avant tout était l’amour de leur père. Son comportement partait d’une bonne intention, mais avait fini par menacer les liens de cette famille de se briser.

Nick devait à présent trouver un moyen de faire rentrer le père chez lui pour qu’il passe le réveillon avec ses filles et il n’avait pas énormément de temps devant lui, le 24 décembre étant le lendemain. Il se décida pour une lettre. Il n’avait pas trente-six mille moyen de parler au père sans que celui-ci ne puisse le voir. Cela serait trop suspect si le père venait à dire à ses filles qu’un jeune homme de l’âge d’Iris était venu le voir pour lui dire qu’il devait rentrer chez lui. Alors qu’une simple lettre, au pire des cas, Iris penserait que le Père Noël existait réellement, ce qui était totalement le cas, même si dans ce cas là, ce serait le petit fils du Père Noël qui aurait agit.

Il s’installa devant son bureau, papier à lettre devant lui et stylo à la main et chercha les meilleurs mots pour faire comprendre au père qu’il devait rentrer chez lui.

Le soleil pointa son nez à travers la fenêtre de la chambre, réveillant alors Nick en sursaut. Il regarda la feuille devant lui et découvrit avec horreur qu’il n’avait rien écrit du tout. Son réveil sonna 15h, faisant bondir le jeune homme qui partit prendre une douche express avant de retourner à l’écriture de la lettre. La fatigué n’étant plus là, les mots se couchèrent plus facilement sur le papier. Il plia la lettre avant de courir le plus vite possible jusqu’à l’entreprise où travaillait Daniel White.

Une fois arrivé devant le bâtiment, il écarquilla les yeux devant le monde qui s’y trouvait. Il lui fallait trouver un moyen d’entrer discrètement … ou alors … il lui fallait quelqu’un qui puisse entrer discrètement. Nick partit dans une ruelle adjacente au bâtiment. Il sortit son téléphone et tapa un numéro précis.

« Atelier du Père Noël bonjour !
— Guirlande ? C’est Nick ! J’ai besoin de Furtif !!! Est-ce que tu pourrais me l’envoyer pour quelques minutes ?
— Bien sur pas de problème Nicolas. Il sera là dans trois secondes.
— Merci Guirlande. A plus tard. »

Il eut tout juste le temps de raccrocher qu’un petit homme apparut à ses côtés.

« Maître Santy !
— Furtif ! Il faut que tu m’aides. Tient cette lettre, trouve le bureau d’un certain Daniel White et pose la dessus. Il faut surtout que tu ne te fasses pas voir d’accord ?
— C’est comme si c’était fait, dit le lutin avant de disparaître et de réapparaître deux secondes plus tard. Voilà.
— Merci Furtif ! Tu peux retourner travailler maintenant. »

Nick sentit alors son cœur s’alléger un peu. Une bonne chose de faîte. Ne lui restait plus qu’à trouver un moyen de parler à Iris et le seul moyen qu’il avait à nouveau était … d’écrire une lettre. Il repartit alors chez lui et passa toute l’après midi à écrire une lettre destinée à Iris. Il s’appliqua comme il ne s’était jamais appliqué auparavant. Lorsqu’il termina, la lune brillait haut dans le ciel et la neige tapissait le sol en un épais manteau blanc. Il n’avait pas vu le temps passer et il devait désormais aller déposer la lettre chez la famille White. Il appela à nouveau les lutins pour demander cette fois ci à Fantôme de le rejoindre devant la demeure d’Iris. Grâce au lutin, il put entrer dans la maison en tout discrétion et déposer la lettre au pied du sapin en faisant le moindre de bruit possible. Derrière lui, Iris, Rose et leur père dormaient dans les bras l’un de l’autre sur le canapé du salon. Au moins un des vœux de l’aînée était réalisé. Nick espérait maintenant que sa lettre fonctionnerait comme elle l’avait faîte avec le père.

À son réveil le lendemain, jamais Iris n’avait été aussi reposée. Elle avait dormi dans les bras de son père, ce qui n’était plus jamais arrivée depuis de très nombreuses années. La veille, il était rentré à la maison et les avait directement serré dans ses bras en s’excusant de ne pas avoir été là pour elles. Ça avait été le plus beau réveillon qu’ils aient passé en famille.

Elle se leva doucement, ne voulant pas réveiller les autres, et admira pendant plusieurs minutes son père et sa sœur dormant l’un contre l’autre. Elle alla débarrasser leur repas de la veille ainsi que les affaires que son père avait laisser tomber au sol en entrant dans la maison quand elle remarqua une lettre sur le sol.

Cher Daniel White

Vous ne savez pas qui je suis mais moi, je sais qui vous êtes.
Vous êtes quelqu’un pour qui la famille est plus important que tout.
C’est pour cela que vous travaillez d’arrache-pied dans l’espoir que vos deux filles soient heureuses en ayant ce dont elles ont besoin et envie.
Mais actuellement, et encore plus en cette période de Noël, ce dont elles ont le plus besoin c’est de vous, de votre présence. Elles ont besoin de leur père.
Depuis quand n’avez-vous pas profiter d’un simple moment en compagnie de vos deux filles ?
Gagner toujours plus d’argent en vaut-il la peine si cela vous oblige à ne plus les voir ?
Alors, qu’en pensez-vous ?
Profitez de ce réveillon pour enfin reformer une famille uni.
Écoutez ce qu’elles ont à vous dire. 

Joyeux Noël

Iris serra la lettre contre son cœur, remerciant cet anonyme qui leur avait rendu leur père. Elle la reposa, décidée à continuer son petit ménage quand le cri de sa sœur retentit dans toute la maison.

« Les cadeaux de Noël !!!! »

Iris se mit à rire avant de rejoindre sa sœur, leur père sortant doucement du pays des songes. Sans plus attendre, Rose commença à déballer ses cadeaux avec empressement sous le doux regard de sa sœur qui s’installa sur le fauteuil. Ce fut à ce moment là qu’elle remarqua l’enveloppe à son nom posée au pied du sapin.

Ma chère Iris

Comme tu as pu le voir, les vœux de Noël peuvent se réaliser.
J’espère que ton père comprendra enfin que pour que vous soyez heureuse, son amour est le plus important.
Pour ce qui est de tes deux autres souhaits, je ne peux rien faire. Je suis désolé.
Mais ce n’est pas pour autant que je ne vais pas essayer de t’aider. 

Tu souhaites pardonner à ta mère, mais est-ce nécessaire ?
Le pardon est dur à accorder et à gagner. A-t-elle fait pour le moment le moindre geste pour se faire pardonner ? Si ce n’est pas le cas alors pourquoi devrais-tu lui pardonner ?
Pour le moment tout ce que tu as à faire c’est d’essayer d’accepter le fait que vous ne soyez plus que trois au quotidien. Si tu réussis à l’accepter, je pense que ton cœur s’allégera. Ne pense au pardon que le jour où ta mère essaiera de se faire pardonner.
Tu as le droit de lui en vouloir. Ne pas réussir à lui pardonner ne te transforme pas en une personne mauvaise mais en un être humain qui a un cœur.

 Pour le garçon que tu aimes, tant que tu ne vas pas le voir tu ne pourras pas savoir si tu as une chance ou non.
Va le voir. N’hésite pas. Tout le monde t’admire et t’aime alors pourquoi te rejetterait-on pour être amoureuse ? Tu es celle qui fait vivre le lycée. Te déclarer ne pourra que faire changer les choses en bien. Et pourrait aussi libérer ton cœur. N’est-ce pas mieux de savoir ce que pense la personne que l’on aime plutôt que de rester dans un brouillard envahissant et suffocant ?

 À toi de choisir maintenant.

 Joyeux Noël

Des larmes commencèrent à faire dissiper l’encre de plusieurs mots. Iris avait eu besoin de ses mots. Elle avait besoin qu’on lui dise qu’elle n’était pas obligée de pardonner à sa mère de les avoir abandonné. Que lui en vouloir ne faisait pas d’elle un monstre sans cœur mais au contraire un être humain. Elle voulait qu’on lui dise de tenter sa chance, qu’il valait mieux être fixé sur les sentiments de l’être qu’on aime plutôt que de penser qu’un amour réciproque est possible alors qu’il ne l’est peut-être pas. Elle savait donc ce qu’elle devait faire maintenant.

Nick était heureux. Il avait terminé la mission qu’il s’était donné et avait l’impression d’avoir fait une très bonne action. Il se dirigeait à présent vers le Grand Atelier de son grand père pour aider les lutins à le nettoyer. Pour l’occasion, il avait revêtu un manteau rouge et blanc ainsi qu’un bonnet de Noël. Il n’était pas, en temps normal, très friand de cela, mais il avait voulu faire plaisir à sa mère et sa bonne humeur l’aurait fait faire n’importe quoi.

Il marcha, heureux, se retenant même de sautiller, jusqu’à ce qu’il sente une main se poser sur son épaule. Il se retourna et se figea en la voyant derrière lui. Iris. Plus belle que jamais.

« Oh … Nick … désolée, je pensais que c’était quelqu’un d’autre, chuchota-t-elle, gênée.
— Sûrement le garçon qu’elle aime, pensa-t-il avant de rajouter à voix haute : Ce n’est pas grave. Désolé de t’avoir donné un faux espoir.
— C’est rien … je pensais juste que … c’est idiot, je sais, mais je pensais que tu étais le Père Noël … oui, je sais, c’est stupide d’avoir cru ça, mais je sais qu’il existe, j’en suis sûre et il vient de m’offrir le meilleur Noël de toute ma vie. Grâce à lui, j’ai pu exaucer deux de mes vœux et je suis même en train d’exaucer le troisième … enfin, c’est un début. Ce n’est pas grave. Je … je vais te laisser … On se verra en cours. Joyeux Noël ! »

Sans pouvoir ajouter un mot, Nick observa la fille de ses rêves s’en aller précipitamment. Il avait parlé à Iris White en tant que Nick Santy ! Elle l’avait appelé par son prénom. Elle savait qui il était : Et … Nick sentit son cœur louper un battement. Iris avait dit qu’elle était en train d’exaucer son troisième vœux … en lui parlant … il serait le garçon dont elle était amoureuse ? Son cœur s’emballa.

Un immense sourire fleurit sur ses lèvres. Était-ce donc ça la véritable magie de Noël ?

Ce n’était pas la distribution, ni la réception, de cadeau, mais ce bonheur que provoque la réalisation des vœux les plus purs, les plus sincères. Et ce serait son rôle en tant que Père Noël. Découvrir les souhaits les plus profonds des gens afin de les exaucer et d’admirer ensuite l’éclat de bonheur qui en résulterait.

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