[How do you work] La trame

Bonjour tout le monde ! J’espère que vous allez bien ? On se retrouve aujourd’hui pour un nouvel article « How Do You Work » et cette fois-ci, je vais réellement parler de ma manière de construire la trame de mes histoires. Et je préfère vous prévenir d’avance, cette article devrait donc être assez conséquent. 

Pour tout vous avouer, lorsque j’ai commencé à écrire, je ne suivais absolument aucune trame. C’est notamment une des raisons pour laquelle l’une de mes histoires principales de l’époque avait rapidement atteint les 60 chapitres sans pour autant atteindre ne serait-ce que la moitié de ce que je prévoyais. Or, pour moi, un roman ne doit pas forcément avoir une centaine de chapitres! Généralement, je préfère même construire mes histoires sur une vingtaine voire trentaine de chapitres en moyenne.

Voilà, donc ça doit donc faire trois ou quatre ans que j’ai commencé à écrire les trames de mes projets et pour cela, j’ai plusieurs méthodes différentes. Et comme à chaque fois, je vais vous les lister !

  • La trame minimaliste

Cette trame, c’est celle qui ne contient que le nécessaire. Et encore, quand je vous dis « que le nécessaire », c’est vraiment le strict minimum. C’est le genre de trame qui tient sur une petite feuille et contient à peine une centaine de mot (voire une cinquantaine pour être honnête avec vous.).

Elle est composée de :

  1. Le numéro du chapitre (en commençant généralement par le numéro 0 qui représente donc le prologue)
  2. Le ou les lieu(x) où se déroulent la ou les action(s) du chapitre
  3. Le ou les personnage(s) présent(s) dans le chapitre
  4. Les événements principaux du chapitre résumé à chaque fois en un ou deux mots et séparés par un simple tiret.

Pour vous illustrer un peu tout ça, je vous laisse « admirer » la trame minimaliste d’un ancien projet qui ne verra sûrement jamais le jour (c’est d’ailleurs pour cela que je me permets du coup de vous le montrer … bah ouais, vaut mieux ne pas vous spoiler XD). J’espère qu’ainsi vous arriverez mieux à visualiser mon explication.

En joue contre joue
Alors ouais, c’était un projet court et assez bizarre en fait, mêlant espionnage et haute couture … que voulez-vous? Il faut de tout pour faire un monde!

J’utilise cette trame lorsque :
– Je visualise déjà toute l’histoire dans ma tête.
– J’ai besoin d’une trame courte, dont je peux jeter un coup très rapidement
– Je n’ai qu’une petite feuille et que je veux réellement poser toute la trame d’un coup

Avantages :
– Rapide à écrire si on a toutes les idées en tête
– Tient sur une simple feuille. parfait lorsqu’on est en cours et qu’on ne souhaite pas écrire sur quelque chose de trop voyant.
– Permet de visualiser directement où se déroule l’action et avec qui ainsi que ce qu’il va se passer, sans avoir à lire tout un pavé pour cela.

Inconvénients
– Alors, le plus gros inconvénient de cette méthode, c’est que des fois, les idées sont tellement résumées, que lorsqu’on y revient plus tard, on ne comprend absolument pas de quoi on voulait parler. Et c’est d’ailleurs ce qu’il m’est arrivé en relisant la trame de « La Lune Passeuse ». J’ai du surligner des mots parce que je ne voyais pas du tout ce que je voulais dire et cela va sans dire que c’est quand même contraignant.


  • La trame en bloc

Cette trame ci, c’est celle qui ne sera composée que d’une chose : L’histoire entière, mais en plus court! En gros, c’est un résumé de l’histoire qui peut faire entre cinq et dix pages dactylographié en général.

Le principe est donc simple, je vais réellement écrire l’histoire que j’ai en tête mais sans rentrer dans les dialogues (sauf en marquant une réplique qui est déterminante dans le déroulement des événements), en mettant juste les actions principales, quelques mimiques/gestes importante(s) … Il n’y a donc absolument rien de superflu. C’est la trame qui peut permettre de comprendre l’histoire dans sa totalité mais sans avoir les multiples descriptions, les nombreux dialogues ou encore autre chose, que l’on a généralement dans l’histoire une fois totalement écrite.

A la fin de l’écriture de cette trame, j’obtiens donc un énorme bloc qui a simplement un début et une fin mais aucun découpage. Je procède donc à une relecture de ce pavé et je délimite les endroits qui me semble parfait pour changer de chapitres.

Ainsi, lors de l’écriture, je suis la trame écrite (même si des fois je m’autorise de petits écarts) et n’ai plus qu’à surligner (si c’est sur papier) ou à mettre en gras (si c’est sur ordinateur), les parties que j’ai déjà écrites.

J’utilise cette trame lorsque :
– Je n’ai pas toutes les idées et qu’il faut donc que j’écrive succinctement l’histoire afin de trouver un bon déroulement des événements.
– Je n’ai pas forcément accès à mon ordinateur et qu’au contraire, une pile de feuille ou un carnet me fait face.
– Je n’ai pas encore idée de la manière dont je vais découper mon histoire (je vous ai dit que j’ai tendance à aimer avoir un ordre de grandeur dans le nombre de chapitre que je vais avoir)

Avantages :
– Pas besoin d’ordinateur
– Permet de bien développer son histoire en amont avant l’écriture
– Permet de repérer en avance les failles et incohérences au niveau de l’enchaînement des événements

Inconvénients :
– Si fait sur papier, il faut prévoir un grand nombre de feuille (il m’a fallu douze pages pour écrire la trame de « Tombé Du Ciel » qui devrait faire vingt chapitres au total).
– Si on oublie de surligner/mettre en gras, ce qu’on a déjà écrit, c’est assez compliqué parfois de retrouver où on était.
– De même, si on cherche une scène précise de l’histoire et qu’on ne sait pas sur quelle feuille elle se trouve, il faut chercher.


  • La trame ordonnée

Cette trame se rapproche de la précédente, sauf que la séparation des chapitres est établie en même temps que l’écriture de la trame. Elle permet des fois de préécrire le début et la fin de chaque chapitre (sur la trame bien entendu) et de compléter les chapitres avec ce qui nous vient en tête.

Cela permet notamment de voir les chapitres où il se passe énormément de choses et ceux où, au contraire, il ne se passe pas grand chose. Je peux donc équilibrer les chapitres après cela.

J’utilise cette trame lorsque :
– Je n’ai pas toutes les idées et qu’il faut donc que j’écrive succinctement l’histoire afin de trouver un bon déroulement des événements.
– Je n’ai pas forcément accès à mon ordinateur et qu’au contraire, une pile de feuille ou un carnet me fait face.
– Je visualise très rapidement la manière dont je veux découper mes chapitres.

Avantages :
– Sur ordinateur, il permet d’écrire le chapitre directement à la suite de la trame qui lui correspond.
– Trame complète qui permet de ne pas trop se perdre et de voir directement là où il y aura un problème.

Inconvénients :
– Sur papier, il y a peu de possibilités de compléter les chapitres comme sur ordinateur, l’équilibre est moins facile à gérer à part en faisant des ratures et en mettant les numéros là où il faut.
– Il faut prévoir un long moment pour l’écrire et une bonne pile de papier


  • La trame « pas-à-pas »

Comme le dit le nom, j’écris cette trame au fur et à mesure de l’histoire.

J’ai pris l’habitude, depuis pas si longtemps que ça, d’écrire chaque histoire sur un document unique (alors qu’avant un document = un chapitre) et donc, ce qu’il m’arrive de faire certaines fois, lorsque j’ai vraiment envie d’écrire l’histoire mais que j’ai beaucoup moins l’envie d’écrire une longue trame qui retardera le début de l’écriture, je note en début de page ce qui doit apparaître dans le chapitre.

Certaines fois, lorsque je veux quand même m’assurer que ce que je mets dans le chapitre est nécessaire et suffisant, je fais un saut de page et écrit les éléments devant se dérouler dans le chapitre suivant. Je le fais généralement sur trois chapitres consécutifs maximum avant d’écrire un chapitre.

Cela me permet de savoir où je dois aller, à quel endroit je dois m’arrêter et je visualise en gros les chapitres à venir.

La plupart du temps, les trames de chaque chapitre se résument à :

  1. le lieu
  2. les personnages
  3. l’action principale du chapitre

Et pour d’autres histoires, il s’agit plutôt de mettre un court résumé du chapitre en question.

Généralement, je ne m’attarde pas sur les dialogues, sur les sentiments, sur les descriptions en tout genre. Cela se limite réellement à de l’action pure et dure qu’il ne me reste donc plus qu’à développer lors de l’écriture.

J’utilise cette méthode lorsque :
– Je n’ai aucune envie d’attendre d’avoir écrit la trame pour commencer l’écriture

Avantages :
– On « perd » beaucoup moins de temps que lorsqu’on fait une des trames précédentes qui s’avère être assez conséquente!
– Elle ne prend pas beaucoup de place et puis une fois un chapitre terminé, elle peut facilement être enlevée (surtout sur ordinateur)

Inconvénients :
– La trame n’étant pas complète, l’imprévisible est très présent et donc aucun moyen de faire une estimation du nombre de chapitres qu’il y aura
– Très peu d’informations, juste le nécessaire. Du coup, il faut trouver comment remplir les chapitres en dehors de l’action principale.


  • La frise chronologique

Pour cette trame, j’i juste besoin d’une feuille blanche, d’une règle et des stylos de couleurs, c’est tout!
Sur ma feuille blanche, je trace une longue flèche allant de haut en bas sur la gauche de ma feuille. C’est ma ligne de temps.

18493686_1693577157323065_871196023_o
Exemple de traçage. J’aurais voulu vous en montrer une complète, mais ça aurait dévoilé une de mes histoires dans sa totalité!

Ensuite, au dos de ma feuille, je fais mon petit encadré me permettant de mettre les symboles que je vais utiliser sur ma frise. Généralement, je mets une croix pour les événements qui chamboulent tout ou les combats, je mets deux tirets lorsqu’il y a une simple interactions entre des personnages, un cœur quand il y a un rapprochement amoureux…

Et puis, en toute logique, j’applique ces symboles sur la ligne de temps et note à côté quelques mots résumant ce qu’il se passe.

J’utilise cette méthode lorsque :
– Je n’ai qu’une feuille blanche et un stylo
– Lorsque j’ai principalement les scènes du début et de la fin et que je diut

Avantages :
– Il suffit d’une simple feuille pour le faire
– Permet de commencer par la fin s’il faut puis de revenir au début, puis fin, milieu …
– Permet de visualiser à quel endroit il y a des conflits, des rapprochements …

Inconvénients :
– Lorsqu’il y a trop d’événements, tout devient trop condensé et on manque rapidement de place


  • La trame mobile

Et on arrive à la dernière trame que j’appelle la trame mobile et qui se construit en plusieurs temps. Et comme toujours, on va lister tout ça!

  1. Le listing des différentes relationsPour cette première étape, je prends ma liste de personnages et je note sur un morceau de papier toutes les interactions qu’il y aura dans l’histoire, le plus succinctement possible, sous forme de tiret. Je mets par exemple :
    – X et Y
    – X et Z
    – Y et Z
    Vous voyez le genre ? Et je note aussi le(s) grand(s) mystère(s) de l’histoire, pouvant nécessiter des flash-back, des scènes particulières ne mettant pas forcément deux personnages en scène …
  2. Un petit peu d’art plastiqueCette étape peut paraître facultative et pourtant, c’est celle qui va aider le plus à fabriquer la trame mobile. Visuellement, elle peut être faite comme on le souhaite, mais personnellement, je me suis fabriquer une petite boite en papier cartonné de 3cm x 4cm x 1cm, sur la tranche, j’ai écrit le nom du projet que je travaille. J’ai aussi fait des petites fiches de couleurs de 3cm x 4cm en faisant en sorte d’en avoir au moins une dizaine de chaque couleur et en vérifiant qu’elles rentrent bien dans la boite.
  3. Un peu d’écritureMaintenant, on écrit les scènes/événements de l’histoire et c’est là que les deux précédentes étapes vont être utiles. Je prends les petites fiches d’une seule couleur et sur chacune d’entre elle, je vais noter toutes les interactions qu’il y a entre deux personnages. Chaque feuille rouge contient une scène entre X et Y, chaque feuille jaune contient une scène entre Y et Z …. et ainsi de suite.
    L’intérêt des couleur est donc de pouvoir visualiser de manière très rapide quel « duo » a le plus de scènes dans l’histoire, décider s’il faut en rajouter à un endroit …
    Autant vous prévenir. A la fin, vous récolter un petit paquet de feuilles qu’il faut prendre garde à ne pas perdre (d’où l’intérêt de la fabrication de la boîte)

    4. Et maintenant, on trie

    Et là, il faut soit un sol propre soit une grande table. J’étale toutes les petites feuilles que j’ai écrite et je les trie dans l’ordre chronologique. Je vois de quelle manière tout se déroule et grâce aux couleurs, je peux rapidement voir s’il y a des endroits où certains « duo » sont trop traités ou pas assez et je peux donc régler le problème si nécessaire en changeant de places des scènes, en en enlevant ou rajoutant …
    Et puis on range tout dans la boîte à n’importe quel moment !

18742398_1707029272644520_1192565902_o
Voilà le résultat! Par chance, j’avais gardé le patron que j’avais fait de la boîte il y a un moment et ai donc pu l’utiliser pour la création de celle-ci! Et mon objectif c’est de faire un maximum de trame comme cela car c’est vraiment pratique et les mettre dans des boîtes de différentes couleurs pour en faire une mini bibliothèque !

J’utilise cette méthode lorsque :
– j’ai trop de personnages et donc d’interactions obligatoires, de sous histoires en plus de l’intrigue principale qui se déroulent parallèlement une à l’autre mais sans forcément se croiser
– j’ai pleins de scènes en tête mais que je ne sais absolument pas dans quel ordre les mettre

Avantages :
– Ne prend pas de place du tout
– Permet de changer l’ordre des scènes très facilement, sans raturer quoi que ce soit
– Permet une visualisation rapide du nombre de scènes importantes, de la proportion de scènes entre chaque personnage
– Permet de modifier la taille de la trame à l’infinie

Inconvénients :
– Nécessite de passer un petit moment à tracer, découper, coller avant de pouvoir commencer quoi que ce soit
– Les papiers peuvent facilement se faire la malle au moindre courant d’air

 


Voilà donc pour ce nouvel How Do You Work! J’ai essayé de le faire le plus complet possible pour qu’il reflète au mieux ma manière de faire mes trames et comme vous pouvez le voir, je n’ai pas de méthode miracle!

Sinon, aujourd’hui le blog fête son centième article! Cent articles, vous vous rendez compte ? Moi pas forcément, mais je suis vraiment heureuse d’être arrivée là pour le moment! J’espère vraiment aller encore loin, partager encore plus avec vous et de nouvelles personnes. C’est pour ça que, je ne le dis pas souvent, parce que j’ai plutôt du mal, mais n’hésitez pas à interagir avec moi, à partager le blog, les articles lorsqu’ils vous plaisent (bah oui, forcément, je vais pas vous demander si vous n’aimez pas). Après j’oblige personne hein? J’ai juste tellement envie d’agrandir cette communauté de partage avec vous et plus encore !

Voilà, en tout cas si vous souhaitez un article particulier pour fêter les 100 articles n’hésitez pas! Personnellement, je n’ai absolument aucune idée!

Pour d’autres expériences sur la construction de la trame :

Le Monde de Lia

Publicités

8 réflexions sur “[How do you work] La trame

  1. Très très intéressant. Depuis le début des How do you work, c’est l’article que j’ai le plus aimé mais c’est aussi parce que c’est celui qui m’est le plus utile. J’essaye depuis peu de faire ce que j’appelle des « plans » où j’écris, par exemple : Chapitre 1 : Personnage A est ici et fait ça. Donc, c’est un peu similaire à une de tes techniques. J’avoue que ça me gave assez vite de procéder ainsi donc je pense tenter d’autres méthodes en m’inspirant des tiennes 🙂
    Sinon, bravo pour ton 100è article ! C’est une belle étape ! 🙂

    Aimé par 1 personne

    • Merci beaucoup!!!
      Faut avouer que c’est pas une étape facile quand même!
      J’espère que mes méthodes t’aideront bien! Hésite pas à m’en donner des nouvelles, je suis curieuse de savoir ça ^^

      Merci beaucoup !!!! Oui, c’est une grande étape je trouve mine de rien! J’en suis toute contente =)

      Aimé par 1 personne

      • De rien 🙂
        Je pense que c’est l’étape la plus importante 🙂 même si les autres le sont tout autant, mais si la trame n’est déjà pas assez claire dans notre esprit, c’est difficile d’écrire quelque chose de bien et cohérent sur du long terme 🙂
        Je te tiendrai au courant si ça fonctionne 🙂
        De rien 🙂 je te comprends, ça m’a fait pareil quand j’ai vu que j’avais atteint les 100 articles :p

        J'aime

  2. Très bon article! 🙂 c’est vrai que je n’utilise pas vraiment de trame mais je fais une frise chronologique pour mes personnages (ce qu’ils ont fait avant jusqu’au moment où ils se rencontrent et où ils se quittent.
    Mais je pense essayer la première trame surtout si derrière j’écris l’histoire directement! 🙂 Et l’idée de la trame papier me semble un peu complexe donc à voir si j’écris un jour une histoire avec pleiiiin de personnages 😉

    Aimé par 1 personne

    • Merci =D
      Ca peut être intéressant comme technique aussi ^^
      J’espère que l’essai sera concluant!
      Sincèrement, elles sont assez simples à utiliser, faut juste s’y mettre et piger le truc XD

      J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s